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États-Unis / 1945 / en noir et blanc / 101 minutes. Réalisé par Billy Wilder. Avec Ray Milland, Jane Wyman, Phillip Terry et Howard
Da Silva. Basé sur le roman de Charles R. Jackson, Le Poison dépeint
leffondrement psychologique de Don Birnem (Ray Milland), pseudo-écrivain raté
vivant aux crochets de son généreux frère Wick (Phillip Terry). Faisant constamment la
navette entre un bar du voisinage et son domicile de plus en plus crasseux, Birnem
réfugie ses frustrations et son mal de vivre dans lalcool. Très amoureuse, sa
fiancée Helen (Jane Wyman) le rassure, jurant quelle se battra avec lui pour
chasser ses démons. Momentanément enthousiaste, Don sort sa machine à écrire et
tape : « La Bouteille », roman dédié à Helen. Linspiration lui
manquant, il se dirige dans un cabaret où il boit jusquà sessouffler. À
cours dargent, il dérobe le sac à main dune cliente, se fait prendre et est
renvoyé de létablissement. Rentrant chez lui, Birnem retrouve une bouteille quil
avait cachée et la vide goulûment. De plus en plus insatiable, sale et sans le sou, il
quitte à nouveau son logis, cette fois avec sa machine à écrire, pour la vendre à un
prêteur sur gages. Le commerce étant fermé, Don retourne au bar et prie le serveur de
lui faire crédit, mais on lui montre la porte. Désemparé, le pauvre ivrogne va rendre
visite à une fille facile, croisée à quelques reprises. La demoiselle trouve que Don a
mauvaise mine. Effectivement, celui-ci déboule lescalier, sévanouit puis se
réveille dans un hôpital pour alcooliques, entouré de malades au bord de la démence. Ouf ! Quel calvaire, tout de même
Espérant avoir suffisamment
piqué votre curiosité, je men voudrais de vous dévoiler la conclusion de cette
intrigue profondément tragique. Chose certaine, un état desprit ouvert et
relativement positif est indispensable pour apprécier Le Poison car nos nerfs sont
mis à dure épreuve. Si cette production atteint son but, la photographie en noir
et blanc y est pour beaucoup, se fondant tout à fait au portrait de cet homme anéanti et
maniacodépressif. Don voit vraisemblablement le monde comme un univers terne et incolore.
Jamais redondants, les dialogues sont quant à eux fort réalistes. Un des seuls
problèmes de ce long métrage concerne la musique de Miklós Rózsa, par trop
envahissante. Lacteur Ray Milland (le
père de Ryan ONeal dans Love Story) avait trouvé dans ce personnage le
rôle de sa vie, joué avec une retenue et une véracité exemplaires, récompensées
entre autres par un Oscar, un Golden Globe et un Prix dinterprétation à Cannes. Février 2006. (NDLR : Ce texte a également été publié dans le journal L'AER - Action, Hiver 2005-2006)
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