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Le Voleur de
bicyclette (version française de Ladri di
biciclette) : un hymne à la vie de famille Italie / 1948 / en noir et blanc / 93 minutes. Réalisé par Vittorio De Sica. Avec Lamberto Maggiorani, Enzo Staiola, Lianella Carell, Gino Saltamerenda et Vittorio Antonucci.
Courageux père de famille acculé au chômage, Antonio Ricci (Lamberto Maggiorani) ne rêve que du meilleur pour les siens. Il est par conséquent tout excité de décrocher un emploi de colleur daffiches, bien quune bicyclette soit indispensable pour transporter ses outils. Nécoutant que sa raison, son épouse Maria (Lianella Carell) vend quelques draps afin quAntonio puisse acheter son vélo. Lavenir semble sourire de nouveau au couple jusquà ce quun individu sans scrupules vole la bicyclette. Ce fâcheux contretemps constitue pour les Ricci une catastrophe et Bruno, leur fils de 10 ans (Enzo Staiola), en est bien conscient. Se présentant à un poste de police pour rapporter le méfait, Antonio est correctement accueilli mais on lui fait comprendre que les chances de mettre la main au collet du coupable sont minces. Quà cela ne tienne, le malheureux rassemble quelques amis pour lui prêter main-forte en arpentant les rues du voisinage, à la recherche du véhicule disparu et aussi surtout, peut-être de lauteur du vol. Alors quil se dirige chez lui sous une pluie torrentielle avec Bruno, Antonio reconnaît le bandit et le pourchasse jusque dans une église, mais sans succès. Quelques jours plus tard, il le croise à nouveau et le poursuit pour aboutir dans une maison close ! Décédé en 1974, lacteur-réalisateur Vittorio De Sica (La Ciociara, Mariage à litalienne) avait signé avec Le Voleur de Bicyclette un véritable poème en hommage à la vie familiale italienne. Parmi les qualités qui confèrent à ce long métrage son unicité, mentionnons le casting entièrement constitué de non professionnels. Le jeu tour à tour attendrissant, pétulant et robuste des interprètes colore le film dun naturel incroyable. Antonio, Maria et Bruno ont un tel air du voisin dà côté quon simagine bien plus dans un documentaire que dans une fiction. La relation affective Antonio-Bruno nest pas sans rappeler celle liant Guido et son fils Giusoé dans La Vita è bella de Roberto Benigni. On avait dailleurs souligné que le film de Benigni constituait un clin dil au néoréalisme italien, mouvement initié par Le Voleur de bicyclette. Malgré sa prestation et limportance du film, Lamberto Maggiorani un débutant de 39 ans dut lutter très fort pour être engagé à nouveau dans le milieu du cinéma. Pour une fois, oui, on peut se fier aveuglément aux historiens du septième art : cette production mérite absolument tous les superlatifs dont on la estampillée depuis sa sortie en 1948. Mai 2007. (NDLR : Ce texte a également été publié dans le journal LAER Action, Été 2007) |